Améliorer la santé

Un système sanitaire précaire et en retard.

Le système sanitaire bissau-guinéen reste précaire et en retard par rapport à des pays au niveau de développement similaire. En 2014, selon l’OMS, le pays enregistre des indicateurs de santé parmi les plus dégradés de l’Afrique sub-saharienne: l’espérance de vie y est de 54 ans contre 58 au niveau de l’Afrique sub-saharienne, la mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 129/1000 vs une moyenne de 95/1000, la mortalité maternelle se situe à 560/100 000 vs 500/100 000 pour la région et la prévalence du paludisme est de 28 000/100 000 contre un taux régional à 19 000/100 000. La malnutrition chronique atteint 26% des enfants de moins de 5 ans. Le VIH/SIDA reste encore un défi majeur pour le pays avec un taux de prévalence estimé à 2% pour le VIH2 et 4% pour le VIH1 en 2012. La tuberculose est la maladie la plus létale chez les jeunes et les adultes. Les mutilations génitales féminines sont encore largement pratiquées et affectent lourdement le bien-être des femmes et la santé reproductive (en 2010 45% des femmes entre 15 et 49 ans étaient excisées).

Le pays souffre de conditions sanitaires précaires. En effet son environnement naturel est propice à la transmission des maladies infectieuses et parasitaires ; de plus l’accès à l'eau potable et à l’assainissement est réduit pour la majorité de la population ; enfin, l’illettrisme favorise les attitudes et les pratiques nuisibles à la santé.

Certains domaines, comme la santé maternelle et infantile, sont toutefois en progrès. Les efforts du gouvernement et des partenaires ont permis d’améliorer l’accès aux soins de santé pour les femmes enceintes et la réduction de la mortalité infantile. Ainsi en 2010, la couverture vaccinale en DTCP3 était de 63%, celle des consultations prénatales de 70%. Le taux de prévalence contraceptive est passé de 10% en 2010 à 14% en 2013 (UNICEF). Ces résultats restent cependant insuffisants.

Le pays demeure éloigné des normes préconisées par l’OMS en termes d’infrastructures sanitaires et de personnel médical. La situation est encore plus précaire en milieu rural. Le problème de disponibilité d’un personnel médical qualifié est particulièrement aigu : le pays ne compte que 7 médecins pour 10 000 habitants avec de fortes disparités territoriales, et très loin de la norme de 23 médecins recommandée par l’OMS. De plus, la population manque de moyens financiers pour accéder aux soins de santé notamment pour les franges rurales les plus pauvres ne disposant souvent pas de centre de santé dans leur localité.

Le système de santé et son pilotage restent fragiles. Le système peine à faire face aux multiples défis avec une faible part du budget national allouée à la santé et l’absence d’un système de gestion et de pilotage efficace (système de collecte de données centralisées). L’utilisation optimale des ressources, l’offre de services médicaux diversifiés et de qualité sur tout le territoire, la coordination entre les différents partenaires et le suivi-évaluation des programmes demeurent de véritables défis pour le système de santé bissau-guinéen.

Améliorer l’état de santé de la population en renforçant le système national de santé.

Le plan de développement sanitaire devra demeurer centré sur le renforcement du système de santé, de son pilotage, et de ses moyens matériels et humains. La Guinée-Bissau en est à son deuxième plan de développement sanitaire, le PNDS II (2013-2017), dont l’objectif principal est d'améliorer l'état de santé de la population par le renforcement du système national de santé (services de soins, structures de gestion ainsi que de leurs connexions fonctionnelles). La stratégie 2015-2020 se veut une continuation du plan en cours et s’appuiera sur la mise en place d’un dispositif de pilotage efficace du système sanitaire au travers d’une évaluation et d’un plan d’amélioration des acquis. Au-delà de la gouvernance du système de santé, les actions de court terme viseront le développement d’infrastructures sanitaires de qualité, la mise à disposition des populations de médicaments de qualité et le déploiement des programmes spéciaux de santé. L’objectif de long terme est de renforcer les moyens, l’organisation et le fonctionnement du système national de santé, particulièrement le premier échelon de la pyramide sanitaire, d’accroître le nombre, les compétences, la motivation et la fidélisation du personnel de santé, d’améliorer la gouvernance à tous les niveaux grâce à une utilisation judicieuse des TIC, de mettre en place un système d’entretien et de maintenance des infrastructures et des équipements et d’implémenter une politique nationale de couverture sanitaire universelle pour accélérer l’atteinte des objectifs de santé.

 

Programme 31 : Réformes et renforcement institutionnel.

La gouvernance du secteur de la santé sera renforcée. Une politique efficace de santé repose d’abord sur un pilotage adéquat. Ainsi, un système d’information national de santé sera mis en place en s’appuyant sur les opportunités qu’offrent les TIC. L’équipement des centres de santé en outils numériques permettra de renforcer de façon significative l’efficacité des politiques sanitaires. Ce système permettra, au travers d’un monitoring en temps réel, de faciliter la formulation générale et l’évaluation de politiques et de programmes de santé. Il remontera les informations liées aux investissements, aux interventions effectuées, aux résultats obtenus et l’impact de ces programmes sur l’état de santé de la population. Il permettra de disposer d’informations complètes et précises sur les ressources disponibles dans le pays et leur répartition géographique (taux de fréquentation des centres de santé, disponibilité des ressources humaines, disponibilité des médicaments…) de façon à assurer une allocation optimale des ressources. Par ailleurs, le cadre réglementaire du secteur de la santé sera actualisé, pour intégrer les nouvelles évolutions et faire face à de nouveaux risques sanitaires (ex : Ébola). Par ailleurs, les normes et procédures sanitaires seront clairement définies pour garantir la qualité des soins.

 

Programme 32a : Mise en œuvre du schéma directeur Santé

La disponibilité d’infrastructures sanitaires bien équipées et fonctionnelles est indispensable au renforcement du système de santé de la Guinée-Bissau. Le PNDS prévoyait déjà de nombreux projets d’infrastructures nationales et régionales qui sont détaillés dans l’Encadré 02. Il s’agira de déterminer l’état d’avancement des réalisations prévues par ce plan pour déterminer les déficits à combler et les besoins futurs à satisfaire à travers une analyse en profondeur du nombre, de la répartition, de l’état et du niveau d’équipement des infrastructures existantes. A la suite de cette analyse, effectuée dans le schéma directeur Santé, un plan budgétisé de construction, d’équipement et de réhabilitation des infrastructures sera élaboré et mis en œuvre.

Principaux projets d’infrastructures sanitaires en Guinée-Bissau

Dans le cadre du schéma directeur, des études seront lancées pour la construction de différentes infrastructures sanitaires sur la base des besoins déjà identifiés par le PNDS II et des perspectives de développement du système sanitaire.

Projet 1 : Construire et réhabiliter les infrastructures sanitaires nationales

Projet 2 : Construire et réhabiliter les infrastructures sanitaires régionales

Programme 32b : Médicaments et commodités.

Le nouveau plan devra opérer un diagnostic précis de la politique nationale du médicament et revoir le système d’approvisionnement, de stockage, de distribution et de suivi de la consommation pour aboutir à une meilleure estimation et une qualification plus exacte des besoins en médicaments, matériel médical, vaccins et produits contraceptifs du pays. Cette estimation sera suivie de la budgétisation correcte qui sera partie intégrante du budget global du plan qui fera l’objet de discussions avec les partenaires techniques et financiers du pays.

 

Programme 33: Programmes spéciaux de santé.

Il est nécessaire de procéder à l’évaluation de la performance des nombreux programmes spéciaux prioritaires en cours. L’exercice vise à identifier les difficultés et lacunes éventuelles que ces programmes rencontrent pour proposer des mesures d’amélioration et/ou d’accélération de leur mise en œuvre. Les principaux programmes identifiés sont: (i) le Programme Elargi de Vaccination pour lequel il s’agira de poursuivre et de renforcer la mise en œuvre du plan pluriannuel 2013–2017 pour la Guinée-Bissau, (ii) le programme national de Lutte contre le VIH/SIDA par le renforcement des interventions prévues dans le cadre du programme d'Appui Conjoint des NU pour la réponse VIH en Guinée-Bissau, (iii) Programme de Lutte contre le Paludisme (supporté par le Fonds Mondial), (iv) le Programme de lutte contre la Tuberculose et (v) le Programme de Planification Familiale intégré aux interventions de santé de la reproduction.

 

Renforcer la protection sociale et réduire considérablement la pauvreté