Bâtir un environnement des affaires favorable au développement du secteur privé

L’environnement des affaires en Guinée-Bissau est perçu comme un des moins favorables au monde.

Un environnement des affaires favorable au développement du secteur privé est essentiel à la création de richesses et d’emplois. Les pays offrant les meilleurs climats des affaires obtiennent de meilleurs niveaux de productivité, d’investissement, de développement de l'entrepreneuriat et des PME, et en conséquence plus d’emplois, plus de richesses et moins de pauvreté. En Guinée-Bissau, la longue période d’instabilité et la situation de fragilité en découlant n’ont pas permis de se doter d’un environnement des affaires attractif. Ainsi, l’image de la Guinée-Bissau dans les classements internationaux est peu favorable. Elle figure ainsi en queue de peloton du Doing Business 2015 (179e sur 189 pays). Même l’accès aux services de base comme l’électricité, l’eau ou le transport reste déficient et coûteux. La Guinée-Bissau a pris du retard dans la restructuration de ses entreprises publiques (télécoms, ports, électricité). Au final, l’économie est dominée à 70% par l’informel et seules 166 entreprises privées sont répertoriées dans le pays. L’administration publique représente le premier employeur du secteur formel. Par ailleurs, la part des investissements directs étrangers (IDE) dans l’économie est particulièrement faible (2%), bien en deçà de la moyenne des pays de l'Afrique sub-saharienne.

 


Figure 11: Part des IDE dans l’économie de plusieurs pays de l’Afrique sub-saharienne (en% du PIB) 
Source : Données Banque Mondiale 2012

 

Des réformes hardies seront mises en place pour attirer l’investissement privé et dynamiser les sources de croissance de la Guinée-Bissau.

De premières réformes ont été engagées, visant notamment à améliorer les délais de création d’entreprises. Un guichet unique de formalités des entreprises a été mis en place, permettant la création d’une entreprise en 24 heures. Dans l’optique de développer les partenariats publics-privés, une loi sur les BOT a également été adoptée. D’autres réformes sont envisagées dont notamment : l’adoption d’un nouveau code des investissements, l’actualisation du code foncier et domanial, la création d’une cour et d’un centre d’arbitrage commercial et la création d’un fonds de soutien à la promotion des PME. Mais le gouvernement bissau-guinéen souhaite aller beaucoup plus loin et bâtir un environnement des affaires véritablement favorable au secteur privé, à la hauteur des nouvelles ambitions de développement et de valorisation des ressources du pays. L’ambition est désormais de gagner d’ici 2020 un minimum de 50 places dans le classement Doing Business. A cet égard, trois programmes phares seront mis en œuvre : (i) l’élaboration d’un cadre juridique national incitatif et cohérent, ii) la mise en place d’une dynamique hardie et ciblée de réformes, dans le cadre d’un dialogue public-privé, (iii) la mise en place de plateformes économiques intégrées (zones économiques spéciales).

 

Programme 36 : Mise en place d’un cadre juridique national incitatif et cohérent.

Un cadre juridique particulièrement incitatif sera mis en place pour attirer l’investissement privé en Guinée-Bissau. Pour valoriser ses richesses, la Guinée-Bissau souhaite stimuler les investissements privés, aussi bien nationaux que les investissements étrangers, le premier levier sera de bâtir un cadre juridique favorable à cet afflux d’investissements privés. Pour cela, un cadre réglementaire aligné aux nouveaux plans sectoriels sera élaboré dans l’agriculture et l’agro-industrie, la pêche, le tourisme et les mines. L’ensemble des textes et codes dans ces secteurs seront actualisés. Parce ce que ce chantier constitue un préalable, il sera réalisé dans le cadre d’un programme intégré, de façon à disposer d’une méthodologie commune et à apporter le maximum de synergies dans l’appui aux ministères chargés d’élaborer de nouveaux codes sectoriels. Cette démarche permettra également d’optimiser les coûts du programme et d’accroître la lisibilité de l’action gouvernementale.

 

Programme 37 : Réforme du cadre des affaires.

La dynamique de réformes sera poursuivie dans le cadre d’un dialogue public-privé, afin d’adresser ensemble les freins majeurs à l’instauration d’un environnement des affaires compétitif. Les réformes adresseront en priorité les questions relatives aux services de l’administration vis-à-vis des entreprises, à la mise en place d’une fiscalité incitative, à la réduction des coûts des facteurs de production (en particulier de l’électricité), à l’actualisation du code du travail, à la promulgation du cadre des PPP et à la mise en place d’un dispositif efficace d’appui au secteur privé. Dans ce cadre, le Gouvernement mettra en place une Agence de promotion des investissements, intégrant le centre de facilitation des entreprises existant. L’Agence aura pour mission de promouvoir la Guinée-Bissau comme destination attrayante d’investissements. L’appui aux PME sera également renforcé avec la mise en place d’un incubateur des PME, le développement de produits et services financiers inclusifs et innovants et une amélioration de la structuration de la filière « Commerce ». Le dialogue adressera également des questions spécifiques aux filières prioritaires, comme pour la filière cajou la définition de restrictions et de surtaxes sur l’exportation de noix de cajou brute ou le réinvestissement des recettes fiscales générées dans le soutien de la filière industrielle locale.

 

Programme 38 : Plateformes économiques intégrées pour accélérer l’investissement privé.

La mise en place de plateformes économiques intégrées vise à mettre à la disposition des investisseurs un environnement compétitif et des espaces d’accueil adaptés pour le démarrage rapide de leurs activités. Dans ce cadre, il est prévu dans un premier temps une Zone Touristique Spéciale (ZTS) dans les îles Bijagós et une Zone Économique Spéciale (ZES) multisectorielle à Bissau. La ZTS des Bijagós permettra de mettre en place les conditions pour un développement rapide mais encadré de l’offre touristique des Bijagos, en phase avec l’ambition d’en faire d’ici 2020 une destination de référence mondiale pour la pêche sportive et l’écotourisme haut de gamme. La ZES de Bissau permettra de contourner les nombreuses contraintes actuelles à l’investissement industriel et d’offrir dans un même endroit toute l’infrastructure, les services et les facilités et les avantages fiscaux dont les industriels auront besoin pour transformer localement la cajou, les produits de pêche, ou fabriquer tout autre produit industriel. Une offre logistique optimale sera assurée avec une connectivité aux grands axes de transport du pays. Des centres de formation professionnelle à proximité de la ZES permettront de mettre à niveau les compétences du personnel des entreprises (agents d’exécution et techniciens). Un guichet unique regroupant des services déconcentrés de l’administration sera installé dans la ZES, pour faciliter les démarches des investisseurs. Des services généraux (télécoms, banques, restauration, services de santé) et des services d’appui aux industriels (entretien et maintenance, ingénierie) seront également disponibles dans la zone. Un Partenariat Public Privé (PPP) sera privilégié pour la construction et la gestion de la ZES de Bissau.