Assurer le renouveau urbain et un aménagement équilibré et durable du territoire

Des centres urbains peu développés et dégradés.

Les infrastructures urbaines bissau-guinéennes sont structurellement insuffisantes. Tandis que l’exode rural s’intensifie et que la population de Bissau s'accroît fortement, atteignant près de 25% de la population nationale, la capitale ainsi que les principaux centres urbains continuent de manquer d’équipements fonctionnels. Les infrastructures urbaines sont souvent peu maintenues et la quantité et la qualité de logements demeurent notoirement insuffisantes. En 2009, la ville de Bissau comptait environ 22 000 habitations dont la plupart étaient précaires, avec des installations sanitaires largement déficientes. Pour une population de 375 000 habitants, le déficit en logements à Bissau était estimé entre 20 000 et 30 000.

Depuis l’indépendance, le manque d’investissements dans les infrastructures a entraîné la dégradation continue des centres urbains. Peu de politiques urbaines ont été déployées, que ce soit au niveau cadastral, de la conception ou de la mise en œuvre de plans directeurs d’urbanisme. Les entités culturelles telles que bibliothèques, cinémas, centres culturels et musées ont cessé d’exister et les activités culturelles du pays se retrouvent cantonnées à des lieux de fortune équipés de matériel précaire. La réhabilitation et l’entretien de structures datant de l’époque coloniale, telles que le Palais de Bolama, l’Hôpital du 3 Août, ou le Monument aux Martyrs de Pindjiguite demanderaient des budgets conséquents. Des monuments, places ou jardins notoires du patrimoine culturel bissau-guinéen, tels que la « Granja de Pessubé », connue comme le « poumon de Bissau », disparaissent progressivement, remplacés par des constructions modernes. Le pays perd ainsi un patrimoine culturel précieux pour son identité. La planification du développement des villes, le classement du patrimoine immobilier aux monuments historiques, la construction de réseaux d’infrastructures urbaines et de logements, ainsi que l’incitation à l’investissement, seront autant d’axes clés de la politique d’urbanisme et de transformation du pays.

Le Plan stratégique Bissau 2025 prévoit d’ici 2020 quatre programmes pour relancer le développement urbain, notamment : (i) les réformes et le renforcement institutionnel du secteur de l’urbanisme et de l’habitat, (ii) le programme d'urgence de développement intégré de l'archipel des Bijagós, (iii) l’élaboration des schémas directeur d'aménagement urbain des cinq principaux centres urbains et (iv) la promotion de programmes d’habitat et de construction, notamment par le secteur privé.

 

Programme 26 : Réformes et renforcement institutionnel.

Un cadre légal et réglementaire précis sera mis en place pour favoriser un développement urbain à la fois dynamique et cohérent, notamment à travers les codes domanial, du foncier, de l’urbanisme et de l’habitat. De même, les procédures de construction et d’attribution de titres fonciers seront rationalisées, avec un recours accru à l’informatique et au numérique. De même, un fonds autonome d’appui au développement régional sera mis en place.

 

Programme 27 : Programme d'urgence de développement intégré de l'archipel des Bijagós.

L’archipel des Bijagós fera l’objet d’un programme d’urgence de développement de ses infrastructures. Il lui permettra d’ici 2017 d’offrir aux investisseurs hôteliers et aux touristes les services de santé, de sécurité, de transport, d’énergie ou de télécommunications dont ils auront besoin. Dans ce cadre, l’aéroport de Bubaque sera modernisé et mis aux normes et pourra recevoir directement des vols régionaux, avec des vols réguliers de Bissau, Praia, Dakar, Cap Skirring et Banjul, qui faciliteront l’accès pour la clientèle internationale. De même, un transport intra et inter-îles sera développé en partenariat avec les sites hôteliers. L’accès à une offre d’électricité de qualité nécessitera des investissements spécifiques avec la mise en place de systèmes hybrides décentralisés sur chaque île. Ces systèmes pourraient combiner des installations individuelles privées et publiques (groupes électrogènes) et des systèmes solaires, éoliens ou thermiques à base de biomasse-énergie. Ces systèmes pourront également être mis à profit pour appuyer le développement des infrastructures de télécommunications. L’accès à la santé sera également renforcé, avec la mise en place de plateaux médicaux de qualité, permettant de prendre en charge des soins d’urgence. Un centre de formation professionnelle aux métiers du tourisme y sera créé et permettra de fournir une main-d’œuvre qualifiée aux hôtels, restaurants et autres services touristiques qui s’implanteront dans les Bijagós. Ce centre favorisera également l’insertion professionnelle des populations locales dans le secteur. Par ailleurs, Bolama, ancienne capitale de la Guinée portugaise, et candidate à l’inscription au Patrimoine UNESCO de l’humanité, fera l’objet d’une redynamisation économique (tourisme, pêche artisanale, cajou) et d’un véritable renouveau urbain, architectural et culturel.

 

Programme 28: Schémas directeurs d’aménagement urbain.

Ces schémas directeurs fixeront les orientations stratégiques pour les villes de Bissau, Cacheu, Bolama, Bafatá, et Buba (prioritaires dans cette première phase) et détermineront, sur le long terme, la destination générale des sols. Ils permettront aussi de coordonner les programmes locaux d'urbanisation avec la politique nationale d'aménagement du territoire. Ces schémas directeurs incluront notamment des provisions pour la mise en place d’infrastructures d’habitat, de circulation urbaine, de connectivité numérique, et de transport; des initiatives favorisant l’éducation et la formation, le tourisme, l’implantation du secteur tertiaire, et les activités commerciales urbaines; des espaces dédiés aux bureaux administratifs et à l'événementiel urbain, ainsi que des parcs industriels dans les pôles économiques.

 

Programme 29 : Habitat et construction.

L’Etat bissau-guinéen encouragera fortement le développement par le secteur privé de programmes de logements, répondant aux besoins des différentes catégories de la population. Dans ce cadre, des solutions de financement à long terme pour l’habitat social seront proposées, pour faciliter l’accès au logement des couches de populations à revenus moyens ou faibles. De même, un programme de travaux publics à forte intensité de main d’œuvre (HIMO)/AGETIP permettra d’accélérer la rénovation urbaine et de créer de l’emploi pour les jeunes. L’ensemble de ces initiatives devrait favoriser la mise en place d’une filière habitat et construction dynamique, capable d’accompagner la reconstruction du pays et fortement pourvoyeuse d’emplois et de revenus.