Généraliser l’usage des technologies de l’information et de la communication

Le numérique est un accélérateur du développement.

Le passage à l’économie numérique, essentielle à l’émergence de la Guinée-Bissau, reste confronté à des défis liés aux infrastructures. A l’ère de la révolution du numérique et de la mondialisation, le développement d’un pays passe par l'intégration massive du numérique dans tous les processus culturels, économiques et sociaux. C’est pourquoi, il revient à l’État de jouer le rôle primordial pour mettre en place les conditions d'un environnement propice au développement du numérique, permettant une forte implication des acteurs de la société civile et du secteur privé, afin que ces derniers investissent, opèrent dans de bonnes conditions et mettent en place des services accessibles à toutes les couches de la population. Cependant, la situation spécifique de la Guinée-Bissau renforce les défis, notamment (i) le déficit d’une énergie électrique de qualité qui augmente les charges d’exploitations et renchérit les tarifs pour les usagers, (ii) l’absence de point d’atterrissement de câbles sous-marins, qui limite fortement l’accès au haut débit, les options disponibles de passage par les pays limitrophes n’offrant que de faibles capacités de trafic, (iii) la non effectivité de la mutualisation des infrastructures existantes par les opérateurs, et (iv) la faiblesse, voire la faillite de l’opérateur historique, dont les diverses tentatives de renflouement ou de privatisation n’ont pas encore abouti au résultat escompté. Cependant, au vu des potentialités économiques remarquables, cette situation à priori difficile peut être transformée en atout, car il est possible de capitaliser sur les expériences des autres pays pour adopter directement les solutions les plus performantes et combler plus rapidement le « fossé numérique». A terme, l’économie numérique sera essentielle pour le développement de la Guinée-Bissau. Le numérique permettra de renforcer l’attractivité du pays vis-à-vis des IDE, de créer de nouveaux emplois, d’améliorer la délivrance de services vitaux tels que l’éducation, la santé, la justice et de permettre un accès plus facile et plus équitable aux services de l'administration.

La Guinée-Bissau disposera, à l’horizon 2025, d’une infrastructure moderne de télécommunications et tirera profit des avancées de l’économie numérique. L’économie sera connectée aux marchés régionaux et internationaux. Il s’agira de faire du numérique un service universel, au même titre que l’eau et l’électricité, et par là un levier central de la transformation du pays. Dans ce cadre, trois programmes seront mises en place.

 

Programme 24 : Réformes et renforcement institutionnel du secteur numérique.

Un cadre favorable au développement des infrastructures numériques et du secteur privé sera mis en place. La nouvelle ambition de la Guinée-Bissau dans le secteur numérique suppose l’instauration d’un environnement numérique de confiance, propice à la promotion de solutions répondant aux besoins des citoyens et des acteurs économiques. Cela passera par des réformes institutionnelles, notamment la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire favorable au secteur privé, incitant à un développement significatif des infrastructures sur l’ensemble du territoire, notamment dans le haut débit et garantissant une saine concurrence dans la fourniture des services. Dans ce cadre, l’opérateur historique des télécommunications sera privatisé et l’agence de régulation des télécommunications sera renforcée.

 

Programme 25 : Développement des infrastructures numériques de base.

La disponibilité des infrastructures numériques de base permettra à la Guinée-Bissau d’accéder à des services de télécommunications de large capacité, essentiels à l’émergence d’une économie moderne et compétitive. Les infrastructures numériques actuelles sont très limitées et empêchent l’éclosion du secteur. Pour rénover la capacité numérique physique de la Guinée-Bissau, un accès aux câbles sous-marins sera développé après l’étude technique et la définition du modèle d’affaires. Les Autorités planifieront et réaliseront un réseau national en fibre optique terrestre, adossé au réseau de télécommunications (antennes BTS…). Le déploiement du réseau de fibre optique terrestre (backbone national) se réalisera conjointement avec celui du réseau électrique afin d’optimiser les coûts et de créer des synergies dans l’exploitation et la maintenance des réseaux. La couverture du territoire en services de télécommunication sera pilotée par une « Tower Company », société propriétaire et opératrice des réseaux et infrastructures de télécommunications filaires et sans-fil (antennes BTS, fibre optique, WIMAX…). Cette société sera érigée dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’Etat et les opérateurs de télécommunications présents en Guinée-Bissau. Enfin, à l’échelle de l’UEMOA, une transition de l’analogique vers le numérique pour la télévision est cours, dans l’ambition de concrétiser sur toute la région la Télévision Numérique Terrestre (TNT) avant juin 2015. Par ailleurs, les infrastructures d'observation météorologiques seront réhabilitées.

 

Programme A : Promotion des usages des TIC.

La Guinée-Bissau mènera une politique volontariste de baisse du coût des facteurs et des tarifs. Le but est de promouvoir l’usage massif du numérique, de favoriser la création d’entreprises et d'accroître la productivité, notamment dans les filières principales qui portent la croissance économique du pays. Si elles sont adoptées et valorisées rapidement et à grande échelle, les TIC recèlent un potentiel considérable de création de valeur. Elles permettront par ailleurs de suivre les évolutions météorologiques, en élaborant un système de diffusion de bulletins météorologiques.