Bâtir un réseau national moderne de transport multimodal

Des infrastructures et un secteur des transports faiblement développés.

Les infrastructures de transport actuelles de la Guinée-Bissau ne permettent pas de valoriser le vaste potentiel économique du pays. Le réseau routier est peu dense (12,3 km de routes pour 100 km² sur le continent) avec 28% des routes bitumées sur un total de 3 455 km. Le réseau de routes principales reste globalement adéquat et meilleur que la moyenne de l’UEMOA. Cependant, le réseau existant, particulièrement le réseau secondaire et rural, est fortement dégradé, du fait d’une maintenance, d’un entretien et d’une réhabilitation insuffisants et de fréquentes surcharges à l’essieu. Cette dégradation est particulièrement marquée dans le sud du pays, qui devient difficile d’accès durant la saison pluvieuse, rendant difficile l’acheminement de la production agricole des zones de forte production (Quinara, Tombali) vers les zones de consommation et d’exportation (Bissau notamment). Le port de Bissau, qui assure 85% des exportations et 90% des importations du pays, est peu performant. Il dépasse de 300% ses capacités annuelles avec des équipements surexploités et vieillissants. L’accès au port est rendu difficile par l’absence de maintenance, de dragage de chenaux et d’outils adéquats. En dépit de ces lacunes et de la faible qualité du service, les coûts des opérations portuaires à Bissau sont parmi les plus élevés de la sous-région, ainsi que le montre la figure 8.


Figure 7 : Coûts des opérations portuaires en Afrique de l’Ouest – (USD)
Source : Analyses Performances Group 

 

Les moyens de transport sont insuffisamment développés. La Guinée-Bissau dispose d’un seul aéroport international, qui fonctionne en deçà de ses capacités. Il nécessite des travaux de rénovation et une amélioration du service. Quelques aérodromes existent à l’intérieur du pays, mais nécessitent également des travaux de rénovation et de mise à niveau, en particulier à Cufar et Bubaque. Ces travaux permettront d’appuyer, entre autres, le développement d’une activité touristique dans les îles Bijagós. La grande partie des villes sont accessibles par voie maritime et fluviale mais ces voies d’accès sont encore inexploitées ou abandonnées, particulièrement dans le sud. Au-delà des infrastructures, le secteur des transports reste faiblement développé. Le parc de véhicule est très vieux (90% des véhicules ont plus de 10 ans) et la capitale, Bissau, ne possède pas de système de transport public officiel.

Bâtir en dix ans un réseau national moderne de transport multimodal.

Le développement de l’ensemble du territoire bissau-guinéen rend indispensable un réseau national moderne de transport multimodal. La Guinée-Bissau dispose d’un potentiel économique important sur l’ensemble de son territoire. Ainsi, la vision 2025 prévoit le développement de neuf pôles économiques répartis sur l’ensemble du pays et s’appuyant sur la valorisation de son potentiel agricole et agro-industriel, halieutique, touristique et minier. La construction de cette nouvelle carte économique suppose cependant le développement d’un réseau national d’infrastructures modernes pour relier les différents pôles et interconnecter les zones de production à celles de transformation, de commercialisation ou d’exportation. Ce réseau d’infrastructures permettra également de renforcer les échanges commerciaux de la Guinée-Bissau avec les marchés régionaux, notamment la Guinée-Conakry, le Mali et le Sénégal. Il favorisera enfin le développement de services de transport performants, au service des populations urbaines et rurales de la Guinée-Bissau.

Ce nouveau réseau d’infrastructures sera structuré autour de cinq principaux corridors de développement. Un premier corridor qui traversera le pays d’ouest en est, reliera la capitale Bissau à Bafatá, Gabú et aux pays frontaliers de la Guinée et du Mali. Bafatá sera relié par un deuxième corridor au Sud du Sénégal, qui facilitera l’accès au marché régional de Diaobé. Gabú sera également desservi par un corridor du nord-est vers le sud-est de la Guinée, le reliant ainsi au Sénégal et à la Guinée. Un troisième corridor de Bissau en passant par Farim vers le Sénégal permettra également de rallier le marché de Diaobé, mais également de transporter les phosphates de Farim vers le port de Bissau. Un quatrième corridor reliera Bissau à la Casamance au sud-ouest du Sénégal en passant vers Cacheu. Enfin, un cinquième corridor reliera Bissau, Bolama, Buba et Cacine et sera également joint au premier corridor permettant ainsi de désenclaver le sud du pays. Ce réseau fera donc la jonction entre les principales villes, les principaux aéroports et aérodromes et les régions frontalières du Sénégal et de la Guinée et le Mali. Le réseau fluvial et maritime permettra de relier les villes de la façade ouest du pays ainsi que les îles Bijagós. Deux programmes permettront de bâtir ce nouveau réseau d’infrastructures.


Figure 8 : Principaux corridors de la Guinée-Bissau (projets)
Source : Analyses Performances Group 

Programme 18 : Réformes et renforcement institutionnel du secteur des transports.

Des réformes institutionnelles favoriseront le développement des services de transport sur l’ensemble du territoire. Le développement des infrastructures et des services de transport en Guinée-Bissau passe par la mise en place des réformes adéquates. Ainsi, un cadre incitatif devra être défini pour les Partenariats Publics Privés, pour favoriser le développement de grosses infrastructures de transport (autoroutes, ports, aéroports…). De même, le cadre des affaires doit encourager les investissements privés dans le secteur des transports, et favoriser une offre diversifiée de services de transport privés (routiers, aériens, fluvio-maritimes). Enfin, les politiques devront favoriser la sécurité et la sûreté des transports et être harmonisées avec les règles en matière de libre circulation des biens et des personnes au sein des communautés régionales dont la Guinée-Bissau est membre (UEMOA /CEDEAO). Dans ce cadre, des études réalisées avec l’appui des partenaires au développement ont déjà permis d’identifier une série de réformes nécessaires. Il s’agira ici de les mettre en œuvre de façon diligente, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. De même, les capacités institutionnelles du pays dans le secteur des transports devront être renforcées. La Direction Générale des Routes et Transports Terrestres sera ainsi réformée et le suivi statistique du secteur renforcé. De même, la mise en œuvre du schéma directeur des infrastructures de transport constituera un vaste chantier, qui devra être pris en charge par les structures adéquates, notamment des agences dédiées.

 

Programme 19 : Mise en œuvre du schéma directeur des infrastructures de transport.

Un important programme de développement routier sera réalisé selon les priorités définies dans le cadre du schéma directeur des infrastructures de transport. La Guinée-Bissau doit bâtir dans les dix prochaines années ses corridors de développement, à savoir les infrastructures routières, maritimes, ferroviaires qui permettront de relier de façon optimale les 9 pôles économiques entre eux, et avec les principaux marchés extérieurs. L’encadré 01 montre une série de projets prioritaires qui ont déjà été définis, aussi bien d’infrastructures routières, que de pistes rurales, terminaux de voyageurs et transport public urbain à Bissau ou d’ouvrages d’art (ponts, viaducs, tunnels, digues, quais…). De même, des actions seront mises en place pour renforcer la gestion du Port de Bissau (concession de gestion), le moderniser avec de nouveaux équipements, planifier et réaliser son extension et améliorer ses voies d’accès avec des dragages plus réguliers. Les possibilités d’extension du Port de Bissau étant limitées, des études seront réalisées en vue de la construction de nouveaux ports, à Pikil et Buba. Par ailleurs, Un guichet unique du commerce extérieur sera mis en place pour un traitement électronique des autorisations, permis, certificats ou autres documents douaniers par les organismes compétents de l'État, facilitant et fluidifiant ainsi les opérations d'importation et d'exportation. Les voies fluviomaritimes de navigation et les infrastructures portuaires de cabotage national seront également réhabilitées. Pour fluidifier le trafic aérien et se doter de voies d’accès internationales plus performantes, les capacités aéroportuaires seront renforcées, éventuellement si les études confirment sa faisabilité par la construction d’un nouvel aéroport. Le schéma directeur des transports permettra d’identifier et de planifier l’ensemble de ces investissements, ainsi que les autres projets et investissements requis. L’Etat bissau-guinéen veillera à sa pleine mise en œuvre, avec l’appui de l’ensemble de ses partenaires.

Principaux projets pour le développement du transport routier en Guinée-Bissau

Dans le cadre du schéma directeur, des études seront lancées pour la construction de différentes infrastructures routières sur la base des besoins déjà identifiés par les autorités bissau-guinéennes et des perspectives de développement économique du pays.

Projet 1 : Réhabiliter et renforcer le réseau routier national
Projet 2 : Réhabiliter et construire des pistes rurales
Projet 3 : Construire des terminaux de voyageurs
Projet 4 : Développer les transports publics à Bissau
Projet 5 : Assurer la sécurité et la sûreté des transports routiers (signalisation, centre de contrôle, contrôles routiers, etc.)